Soutenance de thèse doctorat - Berlanda Desuza Fils-Aimé - le jeudi 10 septembre 2026 à 9h00
Nous avons le plaisir de vous inviter à la soutenance de thèse de Berlanda Desuza Fils-Aimé, intitulée
" Testing New Hypotheses on Female Representation in Scientific Fields: Discrimination, Composition, and Peer Effect"
qui se déroulera le jeudi 10 septembre 2026 à 9h00 dans la salle 007, Bâtiment Ada Lovelace (la Centrif'), 2 rue Alfred Nobel, 77420 Champs-sur-Marne.
La soutenance est publique et sera suivie d'un pot convivial.
Le jury est composé de:
- Ahmed TRITAH, Professeur des universités, Université de Poitiers, Rapporteur
- Dominique MEURS, Professeure émérite , Université Paris Nanterre, Rapporteure
- Anne BORING, Associate Professor, Erasmus University Rotterdam, Examinatrice
- Emmanuel DUGUET, Professeur des universités, Université Paris-Est Créteil, Examinateur
- Yannick L'HORTY, Professeur des universités, Université Gustave Eiffel, Directeur de thèse
- Sylvain CHAREYRON, Maître de conférences, Université Paris-Est Créteil, Directeur de thèse
Résumé de la thèse en français:
Cette thèse présente trois études empiriques analysant différents facteurs susceptibles d’expliquer la sous-représentation des femmes dans les filières de Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STIM) de l’enseignement supérieur français. Elle s’appuie sur l’exploitation de données administratives, de données d'enquête, ainsi que sur des données originales collectées à l’aide de la méthode de test par correspondance.
Bien que majoritaires dans l’enseignement supérieur français, les femmes demeurent sous-représentées dans les filières scientifiques et technologiques. Cette sous-représentation constitue un enjeu social majeur, dans la mesure où ces filières donnent accès aux emplois les mieux rémunérés et où les écarts salariaux entre femmes et hommes y sont plus faibles. Bien que la littérature internationale sur le sujet se soit fortement développée ces dernières années, elle reste encore limitée, tandis que les études quantitatives françaises demeurent rares.
Le premier chapitre analyse la présence d’éventuels biais de genre et d’origine dans l’accès à des filières sélectives de niveau master au sein de l’enseignement supérieur français. À cette fin, nous menons un test de correspondance à l’échelle nationale consistant à envoyer de simples demandes d’information à des responsables de formation au nom de candidats fictifs. Dans l’ensemble, les résultats ne mettent pas en évidence de différences de traitement selon le genre des candidats, quelle que soit leur origine. S’agissant de l’origine, les résultats indiquent que les candidats d’origine maghrébine sont pénalisés dans leurs démarches. En examinant l’hétérogénéité de l’effet selon le domaine d’études, nous observons que, par rapport aux domaines des arts, lettres et langues, les femmes ont une probabilité plus faible d’obtenir une réponse positive dans les domaines des sciences et des technologies.
Le second chapitre mesure les effets de l'immigration sur l'éducation des natifs français. Nous mesurons séparément les effets pour les hommes et pour les femmes, dans la mesure où l'immigration est susceptible d'affecter différemment ces deux groupes. Pour ce faire, nous utilisons les données de l'enquête Emploi de l'INSEE entre 2003 et 2019. Nous distinguons l'effet de l'immigration peu qualifiée de celui de l'immigration qualifiée et nous analysons leurs effets sur la probabilité des natifs d'obtenir un diplôme et sur le choix de la filière. En utilisant une stratégie de variables instrumentales, nous constatons que, comme pour les hommes, l'immigration n'a aucun effet causal sur le niveau d'éducation des femmes natives françaises. De plus, nous ne trouvons aucun effet significatif de l’immigration sur les chances des natifs français d’obtenir un diplôme dans les filières STEM une fois à l’université.
Le troisième chapitre mesure l’effet de la composition de genre d’une cohorte sur la poursuite des études et l’obtention d’un diplôme de licence au sein de l’enseignement supérieur français. Utilisant les données administratives du ministère de l'enseignement supérieur français sur la période 2009-2018, nous exploitons les variations idiosyncratiques de la composition de genre entre cohortes adjacentes au sein d’un même programme. Nous ne trouvons aucun effet statistiquement significatif de la composition de genre des pairs sur la probabilité d’obtenir un diplôme de licence en trois ans ou de poursuivre dans l’enseignement supérieur français pour les femmes inscrites en première année dans une filière STEM. En revanche, nous constatons que les hommes inscrits dans une filière STEM bénéficient d’avoir une plus forte proportion de femmes dans leur cohorte.
Au plaisir de vous y retrouver!
